Olivier Andrieu (Abondance.com) : "Ce qui a le plus changé, c'est ce qu'on ne voit pas"
Olivier Andrieu (Abondance.com)
Qu'est-ce qui a le plus changé en 10 ans au sein du moteur de recherche Google ?
Ce qui a le plus changé, c'est ce qu'on ne voit pas. Aujourd'hui, la page d'accueil est identique à ce qu'elle était au début, tout comme la page de résultats, à quelques pixels près. Ce qui a le plus changé est donc l'amélioration des algorithmes de pertinence, de lutte contre le spam, bref la boîte noire du moteur.
Le gros succès de Google est de n'avoir pas cédé à la tentation de perdre son "core business". Lors de son IPO, Google l'avait un peu perdu, on avait vu la pertinence du moteur baisser, mais il a su -au final - garder sa vision d'origine.
Malgré le fait qu'il soit peu concurrencé, Google a réussi à maintenir un niveau d'excellence assez élevé, ce qui n'était pas gagné, il y avait un vrai risque qu'il n'y parvienne pas. Google doit être monumentalement spammé, mais il arrive malgré tout à sortir des résultats pertinents. Cela représente un effort gigantesque.
Quant à tous les services qu'il propose autour, cela ne semble pas perturber le moteur de recherche. En interne, la publicité est un autre métier, les équipes sont bien cloisonnées, et l'intégration se fait de façon assez propre.
Si je devais voir un seul grand changement dans le moteur, ce serait certainement la recherche universelle.
Si je devais voir un seul grand changement dans le moteur, ce serait certainement la recherche universelle. C'est la seule chose que Google a pu se permettre de lancer sans avoir de retour de bâton de ses utilisateurs qui n'ont pas forcément envie de voir leurs habitudes changer.
Comment ont évolué les techniques de référencement en 10 ans ?
Au début, dans les années 1993/1995, c'était l'artisanat total. Ensuite, de 1995 à 2000, on a beaucoup travaillé sur les balises meta-keywords. Ensuite, de 2000 à 2004, les pages satellites sont apparues. Elles répondaient à un vrai besoin car les sites n'étaient alors pas faits pour les moteurs. Mais il a été fait n'importe quoi avec ces pages satellites, les gens en ont abusé...
Aujourd'hui, on ne peut pas se passer de travailler le référencement sur son site, sur ses propres pages, la voie est de penser référencement dès le cahier des charges d'un site. Avant, on pouvait toujours se débrouiller après coup, aujourd'hui, la seule solution est de penser son site pour les moteurs de recherche de A à Z.
Ce qui est important aujourd'hui est de mettre en visibilité un contenu de qualité, avec une notion de longue traine qui est incontournable. 80% du trafic moteur vient du contenu, sur des requêtes qui génèrent 2 ou 3 visites par mois. La longue traine a révélé le référencement.
Si vous deviez résumer 10 ans de Google en un mot...
Ils fonctionnent sans pub pour faire connaître leurs produits, ce sont les rois du buzz
En 10 ans, le chemin parcouru est impressionnant. Je me souviens de leurs débuts, lorsqu'ils étaient à Boulogne, avec Franck Poisson : un bureau, une personne... Aujourd'hui, avec leur locaux avenue de l'Opéra, c'est autre chose.
Je suis assez admiratif de cette société. Il y a bien évidemment plein de défauts que l'on peut souligner mais, globalement, elle a extrêmement bien compris le Web et le fonctionnement des internautes.
Ils fonctionnent sans pub pour faire connaître leurs produits, ce sont les rois du buzz, ils savent s'en servir, au bon sens du terme. Mais, Google, c'est un énorme " truc ", avec le risque qu'ils nous avalent. Google cristallise nos craintes numériques. Mais, au final, je ne suis pas certain que ce soit Google qui soit le Big Brother, c'est peut-être tout simplement le réseau en lui-même.
Raphaël Richard (Neodia) : "L'introduction d'un système de notation humaine en 2004 a constitué une révolution pour les fondateurs de Google"
Raphaël Richard (Neodia)
Que vous inspire le 10e anniversaire de Google ?
Google a longtemps été une version très améliorée d'Altavista ou d'Excite dans la restitution des résultats, bien que la technologie soit totalement différente. Les premiers moteurs de recherche reposaient sur une architecture à base de serveurs classiques et les fondateurs de Google ont opté pour une architecture à base de PC connectés en série.
En 2004, leur nombre se comptait déjà en centaines de milliers de machines, soit à l'époque un rapport de 100 machines par employé. En proposant des listes de résultats similaires à celles des concurrents, Google s'est imposé grâce à une marque plus forte, des temps d'affichage ultra-rapides et des résultats plus simples à obtenir.
Google a été le premier moteur à permettre d'afficher des résultats pertinents sur des requêtes complexes sans recourir aux opérateurs boléens (And, Or, Not...) en vogue à la fin des années 1990. C'est surtout pour ces raisons qu'il est devenu le chouchou du grand public.
Mais, il a fallu attendre 8 années pour que Google commence à introduire, en sus des résultats issus du crawling du Web non-structuré (les sites Web ordinaires), des résultats de bases de données structurées : résultats de type annuaire avec Google Maps, revue de presse avec Google News, images de Google images, etc.
Google a été le premier moteur à permettre d'afficher des résultats pertinents sur des requêtes complexes
Aujourd'hui, Google semble avoir vraiment opté pour un moteur de nouvelle génération qui affiche des pages de résultats riches (Web, news, vidéo, image, etc.) à l'instar de ce que propose depuis 2004 le moteur Coréen Naver.
Une vraie révolution a eu lieu la même année chez Google : l'introduction d'un système de notation "humaine" de chaque site apparaissant sur un mot clé défini, comme "hotel a paris". Google a décidé de payer des centaines de "critiques" (dénommés "quality managers") pour tester en permanence la qualité des pages de résultats sur les mots clés les plus demandés.
Cela a représenté un grand virage pour le moteur, dont les fondateurs pensaient initialement qu'un système fondé sur l'analyse algorithmique uniquement était suffisant pour afficher des pages de résultats pertinentes. Si techniquement, l'intégration de ce système de notation dans l'algorithme de classement a dû être simple, psychologiquement, en revanche, cela a dû être plus difficile.
Quelles sont les grandes phases d'évolution au niveau des techniques de référencement ?
En synthèse, on peut distinguer cinq périodes distinctes.
De 1995 à 1999 : la technique tournait autour des meta-tags, de la répétition des mots clés dans le texte et de l'inscription dans les annuaires. Au niveau marketing, il s'agissait de rechercher des mots-clés à l'intuition et de mesurer les positions.
De 2000 à 2001: c'est le début du référencement de sites dynamiques, de l'URL rewriting, des pages satellites créées manuellement. C'est aussi le début des liens sponsorisés aux Etats-Unis et de l'optimisation simple des enchères CPC. Au plan marketing, on analyse le trafic généré par les moteurs de recherche.
Référencement : les années 2002 - 2004 ont été les années de la professionnalisation.
De 2002 à 2004: ce sont les années de la professionnalisation. On assiste au début du netlinking, à cause de l'obsession du page rank, à l'explosion des machines à générer des pages satellites, au recours massif aux techniques de spamdexing. On dénombre 100 000 annonceurs au niveau mondial, on asssite à l'explosion du prix du clic aux Etats-Unis et à l'apparition des plates-formes de bid management afin de gérer les campagnes de dizaines de milliers de mots clés.
Sur le plan marketing, le tracking des ventes générées par le référencement naturel fait son apparition, ainsi que des modèles de prévisionnels de trafic et de vente. Le blacklisting caractérise également ces trois années : c'est la fin de la période de tolérance, des milliers de sites sont blacklistés à travers le monde.
La période 2005 / 2006 est caractérisée par la victoire des "white SEO".
Les techniques de spamdexing, suite à la vague de blacklisting de 2004, sont abandonnées. C'est le début du référencement éditorial et de l'allègement de l'indice de densité idéal. Côté liens sponsorisés, on assiste au début des retours sur investissement négatifs dans le secteur du tourisme en raison des CPC qui explosent et à un recentrage sur les stratégies longue traine.
C'est aussi l'explosion du recours aux liens sponsorisés en Europe dans tous les secteurs et une rationalisation des politiques d'optimisation des enchères s'effectue. Enfin, on voit des modèles de prévision de chiffre d'affaires s'élaborer. Du côté du blacklisting, les pages de dénonciation des tricheurs font leur apparition.
2007 / 2008 : les années "Universal search et Web 2".
Dernière période : 2007 / 2008, ou les années "Universal search et Web 2". On pratique le référencement spécifique dans les modules "Universal search" (Google Maps, Google News, Google image, Google Video, Google Blog, etc.). Les webmasters ont accès au centre Google, le netlinking 2.0 (blogs, réseaux sociaux, sites de contenu collaboratif, RSS, etc.) se diffuse, et la généralisation des stratégies de référencement fondées sur le contenu s'opère.
Quant aux liens sponsorisés, on voit la mise en place de filtres anti-fraude au clic se mettre en place chez Google, ainsi que l'introduction du Quality score. La modélisation des cycles de recherche des internautes est possible. On constate aussi la dépendance d'un nombre croissant de sociétés au chiffre d'affaires "Google". Côté blacklisting : les pages de dénonciation des vendeurs de liens font leur apparition.
mardi 16 septembre 2008
Darcos: un label pour les manuels scolaires réalisés sous forme de fascicules
Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, a déclaré jeudi qu'il voulait que les éditeurs scolaires fassent des livres sous forme de "fascicules" afin d'alléger le poids du cartable, et a ajouté qu'il décernerait un label aux manuels ainsi réalisés.
"Je veux que les livres scolaires désormais se fassent par fascicules", a-t-il affirmé jeudi soir à France 2, soulignant qu'il "n'est pas normal que les élèves portent des livres énormes sur leur dos".
"J'ai demandé aux éditeurs scolaires d'y penser, ils m'ont fait mille objections, et bien je le répète, je veux que les livres scolaires se fassent désormais par fascicules", a-t-il ajouté.
"Si on m'explique que c'est trop difficile et bien je labellerisai les livres qui seront ainsi faits", a-t-il encore déclaré, précisant "je "labelliserai la forme", et non le fond.
"Je veux que les livres scolaires désormais se fassent par fascicules", a-t-il affirmé jeudi soir à France 2, soulignant qu'il "n'est pas normal que les élèves portent des livres énormes sur leur dos".
"J'ai demandé aux éditeurs scolaires d'y penser, ils m'ont fait mille objections, et bien je le répète, je veux que les livres scolaires se fassent désormais par fascicules", a-t-il ajouté.
"Si on m'explique que c'est trop difficile et bien je labellerisai les livres qui seront ainsi faits", a-t-il encore déclaré, précisant "je "labelliserai la forme", et non le fond.
Carte scolaire : contre-effets sur la mixité sociale
Par Sandra Ktourza, jeudi 11 septembre 2008 à 12:12
Jean-Claude Lafay, secrétaire national du SNPDEN-Unsa, déclarait cette semaine, lors d’une conférence de presse, que l’effet de mixité sociale qui aurait dû, d’après Xavier Darcos, résulter de l’assouplissement de la carte scolaire, n’était pas apparent sur le terrain.
Pour le SNPDEN-Unsa, syndicat majoritaire des chefs d’établissement, suite à l’assouplissement de la carte scolaire, qui permet désormais à toutes les familles de choisir leur établissement, les établissements les plus cotés se remplissent, tandis que les autres se vident. De surcroît, ce sont les familles aisées qui demandent le plus de dérogations, non les familles défavorisées, qui ont peu tendance à changer de secteur. Voilà pour le premier bilan, deux ans après la mise en place de la réforme du système.
Agnès Van Zanten, directrice de recherche au CNRS et spécialiste de l'éducation, fait le même constat dans le Figaro (02/09).
Elle va plus loin dans l’analyse, en notant que ce sont "surtout les familles de classe moyenne, comme les enseignants, les journalistes, qui accordent une grande importance à la scolarité de leur enfant". Elle souligne néanmoins un des points positifs de la réforme: celle-ci accorde la priorité aux demandes de dérogations des boursiers. Ainsi, lorsque les familles défavorisées ont des enfants bons élèves et qu’elles "ont conscience alors de l'intérêt pour leur enfant d'être dans un meilleur établissement", elles peuvent désormais "obtenir plus facilement des dérogations".
A terme cependant, s'inquiète la spécialiste, le risque est grand de voir les établissements défavorsiés "décapités", sans "tête de classe" puisque les meilleurs s'en iront. Et parallèlement, les chefs des établissements très demandés auront de plus en plus la possiblité de trier les élèves.
Alors quelle solution adopter ? Le système de la carte scolaire rigide d’avant 2007 n'était pas le bon, mais apparemment celui de la carte scolaire assouplie ne fonctionne pas bien non plus.
Agnès Van Zanten suggère de s’inspirer du modèle londonien, selon lequel chaque établissement se doit de scolariser 1/3 de bons élèves, 1/3 de moyens, 1/3 de mauvais.
Peut-être une piste à explorer ?
Jean-Claude Lafay, secrétaire national du SNPDEN-Unsa, déclarait cette semaine, lors d’une conférence de presse, que l’effet de mixité sociale qui aurait dû, d’après Xavier Darcos, résulter de l’assouplissement de la carte scolaire, n’était pas apparent sur le terrain.
Pour le SNPDEN-Unsa, syndicat majoritaire des chefs d’établissement, suite à l’assouplissement de la carte scolaire, qui permet désormais à toutes les familles de choisir leur établissement, les établissements les plus cotés se remplissent, tandis que les autres se vident. De surcroît, ce sont les familles aisées qui demandent le plus de dérogations, non les familles défavorisées, qui ont peu tendance à changer de secteur. Voilà pour le premier bilan, deux ans après la mise en place de la réforme du système.
Agnès Van Zanten, directrice de recherche au CNRS et spécialiste de l'éducation, fait le même constat dans le Figaro (02/09).
Elle va plus loin dans l’analyse, en notant que ce sont "surtout les familles de classe moyenne, comme les enseignants, les journalistes, qui accordent une grande importance à la scolarité de leur enfant". Elle souligne néanmoins un des points positifs de la réforme: celle-ci accorde la priorité aux demandes de dérogations des boursiers. Ainsi, lorsque les familles défavorisées ont des enfants bons élèves et qu’elles "ont conscience alors de l'intérêt pour leur enfant d'être dans un meilleur établissement", elles peuvent désormais "obtenir plus facilement des dérogations".
A terme cependant, s'inquiète la spécialiste, le risque est grand de voir les établissements défavorsiés "décapités", sans "tête de classe" puisque les meilleurs s'en iront. Et parallèlement, les chefs des établissements très demandés auront de plus en plus la possiblité de trier les élèves.
Alors quelle solution adopter ? Le système de la carte scolaire rigide d’avant 2007 n'était pas le bon, mais apparemment celui de la carte scolaire assouplie ne fonctionne pas bien non plus.
Agnès Van Zanten suggère de s’inspirer du modèle londonien, selon lequel chaque établissement se doit de scolariser 1/3 de bons élèves, 1/3 de moyens, 1/3 de mauvais.
Peut-être une piste à explorer ?
Le rapport de l'OCDE tacle le système français
Dans son rapport annuel Regards sur l'éducation, l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) critique les rythmes scolaires français. Avec une moyenne de 35 semaines de cours par an, la France est en deçà de la moyenne de l'OCDE (38 semaines). Mais le temps d'enseignement français (887 heures de cours par an pour les élèves de 9 à 11 ans) est supérieur à la moyenne qui se situe à 810 heures. L'organisation internationale pointe des journées trop chargées pour les écoliers français, renforcées par l'instauration de la semaine de quatre jours.
Concernant l'enseignement supérieur, l'OCDE s'inquiète de son financement. Alors que le nombre d'étudiants a progressé de 50% en 10 ans dans les pays membres, certains pays, comme la France, sont accusés de ne pas avoir développé suffisamment le financement de l'enseignement supérieur. La dépense d'éducation française (6% du PIB) est ainsi légèrement inférieure à la moyenne des pays développés (6,1%) et surtout, elle est la dépense publique qui a le moins progressé en 10 ans. L'OCDE appelle les pays membres à réagir, notant que le financement privé de l'enseignement supérieur a presque triplé depuis 5 ans alors que les dépenses publiques n'ont augmenté que de 26%.
Le rapport note enfin un "rendement" de l’éducation plus faible en France que dans d'autres pays (Angleterre, Etats-Unis par exemple) compte tenu de l'investissement par élève. L'OCDE met en cause des études plus longues dans le système français. L'organisation invite la France a une réflexion sur l'orientation de ses étudiants et sur ses filières.
Source : oecd.org, Le Monde, La Tribune, Le Figaro, AFP, AEF
Concernant l'enseignement supérieur, l'OCDE s'inquiète de son financement. Alors que le nombre d'étudiants a progressé de 50% en 10 ans dans les pays membres, certains pays, comme la France, sont accusés de ne pas avoir développé suffisamment le financement de l'enseignement supérieur. La dépense d'éducation française (6% du PIB) est ainsi légèrement inférieure à la moyenne des pays développés (6,1%) et surtout, elle est la dépense publique qui a le moins progressé en 10 ans. L'OCDE appelle les pays membres à réagir, notant que le financement privé de l'enseignement supérieur a presque triplé depuis 5 ans alors que les dépenses publiques n'ont augmenté que de 26%.
Le rapport note enfin un "rendement" de l’éducation plus faible en France que dans d'autres pays (Angleterre, Etats-Unis par exemple) compte tenu de l'investissement par élève. L'OCDE met en cause des études plus longues dans le système français. L'organisation invite la France a une réflexion sur l'orientation de ses étudiants et sur ses filières.
Source : oecd.org, Le Monde, La Tribune, Le Figaro, AFP, AEF
Philippe Meirieu juge le film Entre les murs dangereux
La lettre éducation du jeudi 11 septembre 2008 (vousnousils)
Philippe Meirieu, professeur de sciences de l'éducation à l'université Lumière Lyon-II, s'inquiète des répercussions du film Entre les murs de Laurent Cantet, Palme d'Or au dernier Festival de Cannes, qui sortira en salles le 24 septembre. S'il ne remet pas en cause l'œuvre cinématographique, ni l'ouvrage de François Bégaudeau dont elle est tirée, il s'inquiète de la perception du film par l'opinion publique. Il craint que le professeur du film ne devienne "un modèle ou un contre-modèle" aux yeux des spectateurs.
Selon lui, Entre les murs montre exactement ce qu'il ne faut pas faire en matière de pédagogie. Philippe Meirieu met en cause la pratique pédagogique du professeur du film basée sur l'affect. Selon lui, ce professeur est sans cesse "entraîné par ses élèves sur leur propre terrain au lieu de les tirer vers le haut, vers la culture et le savoir". Philippe Meirieu estime que ce travail est plus proche de l'animation socio-culturelle que de l'enseignement. Du coup, il craint que le long métrage n'offre toute une pléiade d'arguments aux anti-pédagogues.
Philippe Meirieu conteste l'aspect documentaire du film étant donné que beaucoup de scènes sont peu vraisemblables à ses yeux. Selon lui, il ne faut pas considérer Entre les murs comme une peinture d'un collège difficile, mais comme une oeuvre d'art retraçant "la trajectoire singulière d'un prof fragile cherchant à établir le contact avec des élèves difficiles".
Source : AEF
Philippe Meirieu, professeur de sciences de l'éducation à l'université Lumière Lyon-II, s'inquiète des répercussions du film Entre les murs de Laurent Cantet, Palme d'Or au dernier Festival de Cannes, qui sortira en salles le 24 septembre. S'il ne remet pas en cause l'œuvre cinématographique, ni l'ouvrage de François Bégaudeau dont elle est tirée, il s'inquiète de la perception du film par l'opinion publique. Il craint que le professeur du film ne devienne "un modèle ou un contre-modèle" aux yeux des spectateurs.
Selon lui, Entre les murs montre exactement ce qu'il ne faut pas faire en matière de pédagogie. Philippe Meirieu met en cause la pratique pédagogique du professeur du film basée sur l'affect. Selon lui, ce professeur est sans cesse "entraîné par ses élèves sur leur propre terrain au lieu de les tirer vers le haut, vers la culture et le savoir". Philippe Meirieu estime que ce travail est plus proche de l'animation socio-culturelle que de l'enseignement. Du coup, il craint que le long métrage n'offre toute une pléiade d'arguments aux anti-pédagogues.
Philippe Meirieu conteste l'aspect documentaire du film étant donné que beaucoup de scènes sont peu vraisemblables à ses yeux. Selon lui, il ne faut pas considérer Entre les murs comme une peinture d'un collège difficile, mais comme une oeuvre d'art retraçant "la trajectoire singulière d'un prof fragile cherchant à établir le contact avec des élèves difficiles".
Source : AEF
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