mercredi 1 octobre 2008

Comment évaluer les notions info-documentaires : une démarche en 7 étapes

Guide à l’usage du professeur documentaliste


Pascal Duplessis, IUFM des Pays de la Loire, 2008.








Aujourd’hui, il apparaît de plus en plus nettement que le cœur des apprentissages info-documentaires est conceptuel : il est plus utile, en effet, de connaître et de comprendre les principes essentiels relatifs aux outils, aux processus, aux usages et aux problèmes d’ordre informationnel tels qu’ils irriguent notre « société de l’information » que de courir sans cesse après les éternelles évolutions des outils et les incessantes adaptations procédurales que ceux-ci génèrent.

Par ailleurs, et depuis quelques années maintenant, les acteurs de l’éducation, professeurs-documentalistes en première ligne, prennent conscience que les expériences spontanées des élèves ne suffisent pas à les rendre maîtres ni des outils ni des stratégies basiques de la recherche documentaire, sans même parler d’asseoir une culture de l’information ! Les données statistiques des grandes enquêtes réalisées ces dernières années à propos des compétences et des connaissances informationnelles des primo-arrivants dans le supérieur confirment assez l’état d’inculturation de cohortes d’élèves sortant du secondaire sans bagage informationnel suffisant. Sept années passées dans des établissement dotés de CDI devraient pourtant bien suffire pour construire des comportements efficaces, une intelligence éprouvée et une conscience des droits et des devoirs liés aux usages de l’information… pour peu qu’il existât un véritable plan raisonné d’enseignement.

Pour autant, et avec les modestes moyens horaires et humains à leur disposition, les professeurs-documentalistes n’ont cessé, depuis les origines de la profession, de chercher comment mieux former les élèves. A partir de l’analyse par le menu des activités de recherche documentaire, ils ont élaboré des référentiels découpant celles-ci en micro-comportements pour être davantage en mesure de guider et d’évaluer les apprentissages. Mais l’approche méthodologique par les seuls savoir-faire n’a pas réussi à satisfaire les réels besoins d’éducation documentaire des collégiens et des lycéens, ni à faire valoir l’expertise pédagogique de l’enseignant documentaliste.

L’évaluation des apprentissages des élèves, jusqu’à ces dernières années, s’est ainsi satisfait – non sans quelques difficultés méthodologiques – de l’analyse des productions observables réalisées par l’élève (panneau, exposé, etc.). A partir de grilles critériées, transposées des référentiels de compétences, l’enseignant tente d’inférer l’acquisition de savoir-faire à partir des traces laissées sur les documents. Les limites de l’exercice sont bien connues : comment identifier l’acquis personnel de l’élève dans des travaux souvent réalisés en groupe ? Comment être certain que la performance observée (présence de légendes, respect de normes bibliographiques ou sélection d’une ressource pertinente) est pérenne plutôt que due à un hasard ou à une imitation ? Comment s’assurer que les procédures réalisées, même si elles sont réussies, ont été comprises pour les finalités qu’elles mettent en jeu plutôt qu’exécutées avec docilité à la suite de consignes bien présentées ? Et que dire encore de cette partition primaire entre la forme et le fond lorsque les professeurs documentalistes et de discipline se réservent, l’un, la méthodologie et l’autre, les contenus conceptuels ?

Une nouvelle approche de l’évaluation doit donc être tentée pour faire pendant aux évaluations critériées des « compétences » et pour les compléter. Il s’agit de revenir à l’idée qu’un savoir d’action n’est durablement acquis que s’il est utilisé en toute connaissance de cause (et d’effet), de même qu’un savoir théorique n’a d’intérêt que s’il devient opératoire. Il convient de rappeler ici à quel point la maîtrise du langage facilite la structuration de la pensée, et combien il importe dès lors d’outiller l’élève d’un vocabulaire spécifique pour nommer avec précision les objets concrets et abstraits de l’univers informationnel dans lequel il évolue ; combien il est nécessaire de l’aider à articuler entre elles, par le recours à l’abstraction que permet la langue, les notions dont il a besoin pour analyser et résoudre les problèmes d’information qu’il rencontre déjà dans sa vie personnelle et dans sa vie d’élève, en attendant de les percevoir dans toute leur complexité, plus tard, dans sa vie estudiantine, sociale et professionnelle.

Toute transaction ou élaboration de connaissance nécessitant de l’information culturellement codée (littéraire ou documentaire, textuelle ou iconique, vulgaire ou académique) devient un problème d’information. Les composants élémentaires de ce problème sont les données informationnelles qui se trouvent stockées dans des réservoirs humains ou techniques, traditionnels ou numériques, proches ou à distance. Il faut alors pouvoir y accéder, avant de les évaluer, de les confronter et de les exploiter pour qu’enfin, à son tour, on soit en mesure de les produire, de les informer en documents communicables et diffusables à l’intérieur de circuits médiatiques dont il reste encore à apprendre les codes et à mesurer les enjeux sociaux, économiques et démocratiques.

Ainsi, de même que c’est également par le support de la langue – ce qui peut être explicité – que l’élève est appelé à se saisir de cette culture de l’information, de même est-ce par le langage que nous pourrons évaluer le niveau qu’il aura atteint. L’évaluation ne se basera donc pas uniquement sur ce qui peut être inféré par l’observation d’une réalisation concrète, ce qu’il a pu faire, mais cherchera à saisir ce que l’élève comprend réellement au travers de ce qu’il peut en dire. Il lui sera par conséquent demandé, en plus d’une réalisation documentaire montrant ce qu’il sait faire, de produire des énoncés langagiers révélant ce qu’il sait discerner et concevoir.

En tant qu’acte pédagogique, cette évaluation doit être pensée en même temps que la conception de la séquence. Les sept étapes proposées ici permettent ainsi au professeur documentaliste de repérer les concepts à travailler pour la séquence et de préparer l’évaluation de leur appropriation. Des ressources et des outils, tirés notamment des premiers résultats des recherches en didactique de l’information, rendent enfin possible – sans pour autant fournir aucune recette directement applicable – cette réflexion pédagogique. Pour chaque étape, quelques extraits de séquences pédagogiques en ligne servent d’exemples à la démonstration.







Sommaire

1. Les 7 étapes de l’évaluation des concepts info-documentaires

1.1. Repérage des difficultés des élèves

1.2. Identification des concepts à travailler

1.3. Articulation des concepts et des compétences

1.4. Définition des concepts

1.5. Repérage de l’environnement du concept

1.6. Construction des niveaux de formulation

1.7. Préparation de l’évaluation diagnostique et sommative

2. Les ressources disponibles pour didactiser les concepts

2.1. Pour repérer les difficultés des élèves

2.2. Pour choisir et définir les concepts

2.3. Pour articuler les concepts aux compétences

2.4. Pour formuler les objectifs info-documentaires

2.5. Pour situer les concepts dans le domaine de l’Information-documentation

2.6. Pour construire les niveaux de formulation et la fiche d’évaluation

3. Des exemples de séquences pédagogiques visant la construction des concepts







1. Les 7 étapes de l’évaluation des concepts info-documentaires
1.1. Repérage des difficultés des élèves


But :

Repérer les difficultés que rencontrent les élèves, pour les analyser et leur proposer, en remédiation, un travail ciblé sur les concepts en cause.

Consignes :

Pour dégager les priorités pédagogiques de la séquence, plusieurs approches sont possibles :
1- on peut proposer une évaluation diagnostique systématique sur un niveau en début d’année, ou bien sur une classe en amont de la séquence ;
on procédera alors à une analyse statistique des résultats afin de dégager les erreurs principales ;
on tentera d’en comprendre les causes pour proposer des tâches permettant aux élèves une confrontation guidée à ces difficultés ;
2- à partir de ce que les élèves ont rédigé pour répondre à des questions ouvertes dans les tests diagnostics, on essaiera de percevoir les représentations qui font obstacle à l’apprentissage ciblé.
3- on s’appuiera sur les résultats des commentaires des collègues de discipline, suite à un devoir ou à un examen pour tenter de cerner la nature des difficultés liées à l’Information-documentation et les prévenir.


Exemples :

1- « Pour beaucoup [d’élèves de 2nde] le logiciel documentaire sert à trouver des informations et non pas uniquement des références : confusion entre document primaire et document secondaire » (Académie de Nice, 2006)
2-« C’est un mot que l’on doit chercher la signification. » « C’est le mot le plus important de la phrase » (Duplessis et al., 2008)
3- « Les constats effectués par les jurys d’examen du baccalauréat : Les enseignants membres des jurys de baccalauréat soulignent l’importance de la démarche d’évaluation, de validation et de hiérarchisation de l’information qui n’a pas toujours été comprise par les candidats. Tout se passe comme si certains élèves n’avaient pas saisi que la citation d’une référence documentaire doit être comprise comme le moyen de convoquer une preuve, un fait, un argument tirés d’un document dont la source doit être fiable et le contenu pertinent au regard des objectifs suivis. » (Uguen, 2007

Ressources :


Voir § 2.1.1.1. Sept exemples de questionnaires diagnostiques



Voir § 2.1.2. Les énoncés langagiers des élèves


Voir § 3. Des exemples de séquences pédagogiques


1.2. Identification des concepts à travailler


But :

A partir des obstacles repérés, identifier les concepts mis en cause parmi ceux appartenant au domaine de l’enseignement de l’Information-documentation.

Consignes :

Consulter les listes de concepts dressées par les équipes de recherche en didactique de l’information
Repérer les concepts correspondant aux représentations erronées des élèves.
N’en sélectionner que quelques-uns par séquence (3 ou 4 au maximum).
Poser l’apprentissage de ces concepts comme objectif conceptuel de la séquence.
Penser que l’évaluation aura pour but de réguler et de vérifier l’acquisition de ces concepts.


Exemples :

- « Les élèves du CAP Vente doivent effectuer des recherches pour la biographie de Guy de Maupassant. Il s’agit ainsi, pour le professeur-documentaliste, de travailler sur les notions de dictionnaire et d’encyclopédie. » (Dupart, 2005)
- « Dans un premier temps, il sera utile de construire la notion de « source » chez les élèves, ce qui permettra ensuite de lui adjoindre la notion de référence documentaire qui la complète. » (Uguen, 2007)



Ressources :



Voir § 2.2. Pour choisir et définir les concepts







1.3. Articulation des concepts et des compétences

But :

Relier les concepts retenus à des savoir faire afin de travailler l’un (intelligibilité) et l’autre (efficacité) pour construire la compétence nécessaire à la réalisation de la tâche.

Consignes :

Repérer les concepts retenus dans les référentiels de compétences info-documentaires.
Voir comment, et au travers de quelle tâche, le concept (connaissance déclarative) éclaire la compétence (connaissance procédurale) et comment la compétence concrétise le concept.
Formuler ainsi des objectifs procéduraux (extraits des référentiels de compétences) et des objectifs conceptuels (extraits des listes de concepts).
Penser de même une double évaluation pour ces deux types de connaissances.

Exemples : Ressources :

1. Se servir d’un référentiel pour articuler les savoirs, les savoir-faire, les savoir-être :

(Casaert Sigrid et Stalder Angèle, 2008) - cliquer sur la carte pour imprimer -

2. Formuler les objectifs procéduraux et conceptuels :

Compétences documentaires :
- Citer ses sources
- Trier les documents selon des critères précis
- Sélectionner les documents pertinents

Notions :
-Biographie
- Encyclopédie
- Site Web
- Données bibliographiques
- Valeur de l’information
(Girard, 2008)

3. Penser aux trois buts de l’enseignement info-documentaire :

Objectifs documentaires de la séquence :
Savoir indexer les articles en tenant compte des lecteurs du site, des recherches qu’ils pourraient effectuer.
Réaliser des résumés indicatifs.

Comprendre en quoi consiste l’analyse documentaire et son intérêt.



Faire prendre conscience aux élèves de leur responsabilité en tant que producteurs d’informations mises en ligne
(Dias-Tavares, 2005)


Voir § 2.3. Pour articuler les concepts aux compétences procédurales













Voir § 2.4. Pour formuler les objectifs info-documentaires



T1 : Viser l’efficacité par la pratique : la maîtrise des procédures et des outils.


T2 : viser l’intelligibilité, la compréhension par l’étude : maîtrise des principes à la base des outils, des produits et des processus de création et de diffusion de l’information, et connaissance des lois relatives à l’usage de l’information

T3 : viser la responsabilité, la prise de conscience : maîtrise des comportements, des attitudes et des capacités incitant l’usager de l’information à engager sa responsabilité tout en lui permettant de déjouer les influences et de se prémunir contre les risques de désinformation.
(Duplessis, 2007

1.4. Définition des concepts


But :

Bien maîtriser les concepts cibles de la séquence : leurs caractéristiques (définition en compréhension), les exemples et les contre-exemples qui l’illustrent (définition en extension), leur fonction.

Consignes :

1- Croiser différentes sources, principalement des ouvrages de didactisation, permettant de se faire une représentation la plus précise possible des concepts retenus.
2- Restreindre ensuite au domaine scolaire et aux besoins de la séquence en considérant ce qu’il est important que les élèves comprennent et retiennent.
3- Sélectionner et lister les caractéristiques essentielles des concepts.
4- Hiérarchiser entre les caractéristiques essentielles et les caractéristiques secondaires.
5- Dresser une typologie des exemples permettant d’établir des catégories, des « sortes de… ».
6- Dresser un inventaire des exemples qui comprennent les caractéristiques essentielles et des contre-exemples qui ne comprennent pas tout ou partie de ces caractéristiques. Par discrimination, ils aideront les élèves à mieux intégrer celles-ci.
7- Commencer à construire (ou à compléter) une fiche-concept.

Exemples :

1. Chercher dans la littérature

- « Document : Ensemble d’un support d’information, quel qu’il soit, des données enregistrées sur ce support et de leur signification, servant à la consultation, l’étude, la preuve ou la trace, etc. » (Boulogne, 2005)

2. Restreindre au domaine scolaire

- « Document : Est candidat au statut de document tout objet fixant de manière durable une information sur un support, de manière à permettre à cette information d’être stockée, transmise, reproduite et traitée. Mais un objet, par exemple une bicyclette, peut apporter nombre d’informations à l’historien, au sportif ou au collectionneur. Il s’agit dans ce cas d’un document « potentiel ». L’information documentation scolaire ne s’intéresse, quant à elle, qu’à l’étude des documents « formels », à savoir ceux qui sont issus d’un processus d’élaboration avec l’intention de communiquer » (Duplessis, 2008)

3. Sélectionner et lister les caractéristiques

« - Utilise un support matériel ;
- Contient des informations ;
- Résulte d’une volonté de communication ;
- Est créé par un ou plusieurs auteurs ;
- Est indexable ;
- Est référençable ;
- Utilise un code de transcription ;
- présente une structure organisationnelle ;- etc. » (FADBEN, 2007)

4. Hiérarchiser les caractéristiques

« Niveau débutant :
- Utilise un support matériel ;
- Contient des informations ;
- Est créé par un ou plusieurs auteurs.

Niveau avancé :
- Présente une structure organisationnelle ;
- Résulte d’une volonté de communication ;
- Utilise un code de transcription ;
- Est référençable. " (FADBEN, 2007)

5. Dresser une typologie des exemples

« - Concept : Auteur :
par statut
— Auteur principal
— Auteur secondaire
— Auteur anonyme
par médias
— Journaliste
— Écrivain
— Traducteur
— Rédacteur
— Scénariste
— Réalisateur
— Illustrateur " (Montaigne, 2006)

6. Dresser un inventaire des exemples et des contre-exemples

Le concept de Document :

Exemples


Contre-exemples

- Page Web statique identifiée par l’URL
- Livre documentaire
- Journal télévisé sur une cassette vidéo
- Conférence enregistrée sur CD-Rom
- Numéro de périodique


- CD-Rom vierge ;



- Conversation téléphonique


(Guéguen, 2008)

7. Utiliser une fiche-concept


(Duplessis, 2008)- cliquer sur le schéma pour agrandir - -


Ressources :


Voir § 2.2. Pour choisir et définir les concepts

























































Voir FADBEN, 2007 pour les concepts de :
- Information ;
- Document ;
- Source ;
- Indexation ;
- Espace informationnel ;
- Recherche d’information ;
- Exploitation de l’information.
















Voir § 2.2.2. La fiche-concept
















1.5. Repérage de l’environnement du concept


But :

Sonder l’entourage conceptuel des notions retenues pour savoir quels autres concepts doivent être travaillés corrélativement.

Consignes :

1- Rechercher dans la littérature comment les concepts à étudier se positionnent dans le camp conceptuel de la matière : quels sont leurs génériques, leurs spécifiques, leurs associés.
2- Rechercher dans des topographies comment ils se structurent et comment ils s’articulent avec les autres concepts dont ils dépendent.


Exemples :

1- Situer le concept dans un terminogramme

Traitement de l’information […]
Outils de recherche
moteur...
équation de recherche
opérateur booléen
bruit/silence
plein texte/texte intégral
navigation
résultats
notice
indice de pertinence

Ressources
intranet
site
système d’information
web
portail

(Clouet & Montaigne, 2006)

2- Situer le concept dans un réseau


(Duplessis et al., 2007) - cliquer sur la carte pour imprimer -



Ressources :


Voir § 2.5. Pour situer les concepts dans le domaine de l’Information-documentation









































Voir § 2.5.2. Situer le concept dans un réseau




















1.6. Construction des niveaux de formulation


But :

Parvenir à une formulation des concepts visés qui soit adaptée au niveau d’abstraction des élèves


Consignes :

A partir des caractéristiques listées et hiérarchisées (cf 1.4.), rédiger des énoncés concis qui serviront :
de cadre pour guider les élèves pendant l’apprentissage ;
de repères pour évaluer les acquis des élèves.

N.B. : Les formulations arrêtées à ce stade délimitent le domaine conceptuel de la séquence. L’évaluation terminale ne devra par conséquent pas dépasser le cadre fixé.


Exemples :

Création de l’énoncé :
« Pour la notion de Document [en 6ème], les caractéristiques à faire émerger sont celles du niveau débutant :
- Utilise un support matériel
- contient des informations
- est créé par un ou plusieurs auteurs […]
La formulation attendue [sera] : « Un document utilise un support qui contient des informations. Il est créé par un auteur. »
(Ballarini-Santonocito, 2007)

« Notions développées (CAP Vente) :
- Biographie: un document qui raconte, résume l’histoire de la vie d’un écrivain par exemple
- Auteur : personne qui a écrit un livre ou réalisé une œuvre d’art
- Encyclopédie : document ( en plusieurs volumes) qui explique toutes les connaissances humaines dans un ordre alphabétique
- Dictionnaire : recueil d’articles rangés par ordre alphabétique qui donne des définitions
(Dupart, 2005)

Déclinaison de l’énoncé permettant une progression des apprentissages
Concept : Auteur
« Elève 1 ( début collège) : Une personne physique ou morale responsable d’un message publié sous différentes formes. Il peut être auteur principal ou secondaire. L’écrivain, l’illustrateur ou le traducteur sont des auteurs.

Elève 2 (troisième) : Une personne physique ou morale responsable devant la loi du message publié. Il conçoit et met en forme son projet en fonction d’un média particulier. Il bénéficie du droit de la propriété intellectuelle. Il peut être auteur principal ou secondaire. Selon les médias, les concepteurs ou interprètes de textes écrits, d’œuvres graphiques, sonores ou animées sont également des auteurs. »
(Montaigne, 2006)



Ressources :





Voir § 2.6.1. Rédaction des niveaux de formulation






































1.7. Préparation de l’évaluation diagnostique et sommative


But :

Faire verbaliser les élèves à propos de ce qu’ils ont compris et retenu afin de favoriser leur structuration des connaissances et d’évaluer la transformation des représentations.

Consignes :

1- A partir des énoncés attendus (cf. 1.6), préparer des questions permettant aux élèves de verbaliser ce qu’ils sont capables d’expliquer.
2- On peut, sur une même grille, demander aux élèves de répondre AVANT la séquence (évaluation diagnostique) et APRES celle-ci (évaluation sommative). Avantages :
il est alors plus facile de mesurer l’écart entre les représentations spontanées et les représentations acquises ;
l’élève prend conscience qu’il apprend par l’observation des progrès qu’il réalise.
3- Prévoir les consignes à donner aux élèves.
4- Lors de l’évaluation des copies, on comparera l’énoncé produit par l’élève à l’énoncé attendu (cf. 1.6).
5- On n’appuiera pas l’évaluation sur les performances langagières (syntaxe, orthographe) mais plutôt sur les critères suivants :
l’appropriation des caractéristiques visées par la séquence ;
la mobilisation d’un lexique spécifique ;
la précision et la justesse de l’explication fournie ;
la pertinence des exemples ou contre-exemples choisis.


Exemples :

1- Les questions de l’évaluation

« Comment définirais-tu les cinq notions info-documentaires suivantes ? »
Auteur
Qu'est-ce qu'un auteur ?
Quelle est la différence entre un auteur et un journaliste ?
Donne un exemple d'auteur
(Duplessis et al., 2008)

2- Evaluation de l’apprentissage par double mesure

2.a - En préparant sur la même grille une colonne « Avant » et une colonne « Après »…

« J’évalue mes connaissances sur les systèmes documentaires et les outils de recherche (en 4ème) :
Notions


Ce que je sais avant la séquence : (date)


Ce que je sais après la séquence : (date)

La différence entre Internet et le World Wide Web (WWW) ?









La différence entre un site et une page web ?









Qu’est-ce qu’une URL ?

De quoi se compose-t-elle ?









Qu’est-ce qu’une page

de résultats ?









Donner deux différences entre un répertoire de sites et un moteur de recherche









etc. »








(Duplessis, 2007)

2.b- … il sera alors possible d’évaluer l’évolution des représentations :
Consigne : « Explique ce qu’est un mot clé. »


Ce que je sais avant la séquence


Ce que je sais après la séquence

élève 1


Je ne sais pas.


Un mots clé c’est quelque chose qui sert à trouver quelque chose.

élève 2


C’est un mot mais « troncqué ».




Un mot-clé est un mot important pour une recherche sur internet. Ex : - le chien d’Ulysse ; - /chien/ /Ulysse/.

élève 3


C’est quelque chose qui sert a cherche avec des mots.


C’est un mot plus importent que les autre qui sert à trouver des information.


(Séquence pédagogique réalisée par P. Duplessis, 2007. « Projet Textes fondateurs », classe de 6ème)


Ici, l’évaluation consistera à mesurer l’écart réalisé entre deux énoncés du même élève, l’un a priori, l’autre à posteriori.


3- Consignes pour les élèves

Rédiger à l’aide de phrases correctes.
Utiliser le vocabulaire le plus approprié possible.
APRES la séquence, il est possible de s’appuyer sur l’énoncé produit AVANT pour changer ne serait-ce qu’un mot, mais ce n’est pas obligatoire.
Dans le cas où on ne sait pas répondre, écrire simplement : « Je ne sais pas »

4- Evaluation de l’énoncé de l’élève

« La formulation attendue étant : « Un document utilise un support qui contient des informations. Il est créé par un auteur. »
Il est alors possible d’évaluer par comparaison l’énoncé produit par l’élève :





Ici, l’évaluation consistera à mesurer l’écart réalisé entre un énoncé normatif (celui du maître) et un énoncé constatif (celui de l’élève).


(Ballarini-Santonocito, 2007)

5- Grille de critères pour l’évaluation

Utilisation de termes spécifiques Présence des caractéristiques attendues Pertinence des relations Pertinence des exemples et des contre-exemples
Question 1





Question 2





Question 3





etc.









Commentaires de la grille d’évaluation :


- Utilisation de termes spécifiques : repérer si les termes spécifiques du domaine sont repris. Dans l’exemple 2.b ci-dessus, seul l’élève 3 utilise le terme « information », les autres ne le mobilisent pas.



- Présence des caractéristiques attendues : dans l’exemple 4 ci-dessus, on peut relever la présence des trois caractéristiques attendues par l’enseignant : « support », « information » et « auteur ».



- Pertinence des relations : c’est la syntaxe qui est ici analysée, à partir notamment des verbes que l’élève a choisis et qui expriment la véritable nature des relations nouées entre les caractéristiques. La syntaxe révèle le sens que l’élève a construit. Dans l’exemple 4 ci-dessus, on appréciera la pertinence des articulations « se trouve dans », « contient » et « est écrit par ».



- Pertinence des exemples et des contre-exemples : encore faut-il avoir pensé à les exiger dans la question ! Un exemple est donné par l’élève 2 de la grille 2.b, un autre dans l’énoncé de l’exemple 4 ci-dessus.



Ressources :












Voir § 2.6.2. Préparation de la fiche d’évaluation












































































































































2- Les ressources disponibles pour didactiser les concepts

2.1. Pour repérer les difficultés des élèves

2.1.1. Les questionnaires diagnostiques

2.1.1.1. Sept exemples de questionnaires diagnostiques

Académie de Clermont-Ferrand :

Coppiki Christèle. Evaluer les compétences à l'entrée en seconde [en ligne]. Site Auvergne Doc de l’académie de Clermont-Ferrand , 2007 [réf. du 08-05-2008]. Adresse URL : http://www3.ac-clermont.fr/pedago/docu/j_pedagodoc_rechdoc/evaluercomp2nd.htm

Académie de Dijon :

Jaillet Nicole. Evaluation diagnostique [en ligne]. In Diagnostic. Formation des élèves : Fiches diagnostiques. Site de l’IUFM de Bourgogne [réf. du 14-04- 2008]. Adresse URL : http://www.dijon.iufm.fr/spip.php?article88

Académie de Nantes :

LEMARCHANT Frédérique et al. Académie de Nantes. Test-diagnostic des savoirs info-documentaires : entrée 2nde (JRL de Mayenne, 2008) [en ligne]. Site des Trois couronnes, mai 2008. Adresse URL : http://esmeree.fr/lestroiscouronnes/idoc/chantiers/academie-de-nantes-test-diagnostic-des-savoirs-info-documentaires

Académie de Nice :

Académie de Nice. Bassin de Draguignan. Questionnaire d’évaluation à l’entrée en 2° [en ligne]. Site Docazur de l’académie de Nice, 2006 [réf. du 22-02-2008]. Adresse URL : http://www.ac-nice.fr/docazur/article.php3?id_article=392

Académie de Nice :

Académie de Nice. Bassin de Draguignan. Bilan des compétences documentaires des élèves en fin de 3° [en ligne]. Site Docazur de l’académie de Nice, 2006 [réf. du 14-04-2008]. Adresse URL : http://www.ac-nice.fr/docazur/IMG/fin_3o.pdf

Académie de Rennes :

ROBIN Roselyne et al. Académie de Rennes. Test-diagnostic des savoirs info-documentaires : entrée 2nde (Lycées de Saint-Brieuc, 2002) [en ligne] Site des Trois couronnes, juin 2008. Adresse URL : http://esmeree.fr/lestroiscouronnes/idoc/chantiers/academie-de-rennes-test-diagnostic-des-savoirs-info-documentaires

Académie de Versailles :

Franquet Anita, Bouchez Anne. Test-diagnostic des savoirs info-documentaires : entrée 2nde [en ligne]. Site des Trois couronnes, 2008 [réf. du 14-04-2008]. Adresse URL : http://esmeree.fr/lestroiscouronnes/idoc/chantiers/academie-de-versailles-test-diagnostic-des-savoirs-info-documentaires


2.1.1.2. Etude sur les questionnaires diagnostiques

DUPLESSIS Pascal. De l’évaluation des acquis à l’élaboration des savoirs info-documentaires : Le cas des questionnaires-diagnostics dans une approche de type bottom-up [en ligne]. Site de l’ARDEP Bretagne, 2008. Adresse URL : http://ardep-bretagne.org/spip.php?article183.
Egalement disponible sur http://esmeree.fr/lestroiscouronnes/idoc/textes/de-l-evaluation-des-acquis-a-l-elaboration-des-savoirs-info-documentaires

DUPLESSIS Pascal. Grille d'analyse des questionnaires-diagnostics sur les savoirs info-documentaires [en ligne]. Site des Trois couronnes, 2008. Adresse URL : http://esmeree.fr/lestroiscouronnes/idoc/outils/grille-d-analyse-des-questionnaires-diagnostics-sur-les-savoirs-info-documentaires


2.1.2. Les énoncés langagiers des élèves

DUPLESSIS Pascal et al. Comment les élèves se représentent-ils les notions info-documentaires ? Banque d'énoncés langagiers d'élèves de la 6ème à la terminale [en ligne]. Site des Trois couronnes, mai 2008. Adresse URL : http://esmeree.fr/lestroiscouronnes/idoc/chantiers/banque-d-enonces-langagiers-d-eleves-de-la-6eme-a-la-terminale

2.2. Pour choisir et définir les concepts

2.2.1. Lexiques et dictionnaires des concepts info-documentaires

BOULOGNE Arlette (Dir.). Vocabulaire de la documentation. Paris : ADBS, 2004.

DUPLESSIS Pascal, Ballarini-Santonocito Ivana. Petit dictionnaire des concepts info-documentaires : Approche didactique à l’usage des enseignants documentalistes. In SavoirsCDI[en ligne], CNDP, 2007. Adresse URL : http://savoirscdi.cndp.fr/culturepro/actualisation/Duplessis/dicoduplessis.htm#auteur

DUPLESSIS Pascal. Petit lexique de 50 concepts info-documentaires [en ligne]. Site des Trois couronnes, 2008. Adresse URL : http://esmeree.fr/lestroiscouronnes/idoc/outils/petit-lexique-de-50-concepts-info-documentaires

Lexique à l’usage du professeur documentaliste. In Groupe de réflexion des professeurs documentalistes de l’académie de Rouen. Information-documentation : Formation des élèves par le professeur documentaliste de la sixième à la troisième. CRDP de Haute-Normandie, 2007. p. 287-297.

Les savoirs scolaires en Information-documentation. Médiadoc, mars 2007.

Concepts définis : Information ; Document ; Source ; Indexation ; Espace informationnel ; Recherche d’information ; Exploitation de l’information

Notions construites lors de la formation [de la 6ème à la 3ème]. In Groupe de réflexion des professeurs documentalistes de l’académie de Rouen. Information- documentation : Formation des élèves par le professeur documentaliste de la sixième à la troisième, CRDP de Haute-Normandie, 2007. p. 23-25 ; 101 ; 165 ; 219.


2.2.2. La fiche-concept

DUPLESSIS Pascal. La fiche-concept : un outil didactique pour l’enseignement et l’apprentissage des concepts info-documentaires [en ligne]. Site des Trois couronnes, 2008. Adresse URL : http://esmeree.fr/lestroiscouronnes/idoc/outils/la-fiche-concept


2.3. Pour articuler les concepts aux compétences procédurales

Ci-dessous sont sélectionnés quelques référentiels présentant une articulation entre les concepts et les savoir-faire. S’ils ne sont pas tous exempts d’erreur et d’approximation, ils témoignent néanmoins de cette préoccupation et sont ainsi des outils appréciables, parce que rares. L’exemple le plus abouti à ce jour reste le référentiel BEP de Sigrid Casaert et Angèle Stalder (2008, Académie de Rouen).

Référentiels généraux :

FADBEN. « Compétences en information-documentation : référentiel » In Médiadoc, déc. 1997. p. 6-25. Disponible sur le site de l’Académie de Poitiers. Adresse URL : http://www.ac-poitiers.fr/tpi/formanet/formatio/referenc/sommaire.htm

Académie de Lyon, CRDP-CARIP. « A la recherche de l’information » [en ligne]. Site de l’académie de Lyon,CRDP, 2000. Adresse URL : http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/documentation/tpe/tperech.pdf

Référentiels pour le collège :

Collège Quentin de La Tour, « Politique documentaire du collège Quentin de La Tour : Projet d’établissement 2006-2009 » [en ligne]. Site de l’académie d’Amiens, 2006. Adresse URL : http://www.ac- amiens.fr/pedagogie/cdi/Projets/projets%202006- 2007/poldoc2006- 2009sainsrichaumont.pdf

Groupe de réflexion des professeurs-documentalistes de l’académie de Rouen. « Objectifs de formation de la 6ème à la 3ème ». Information- documentation : Formation des élèves par le professeur documentaliste de la sixième à la troisième. CRDP de Haute-Normandie, 2007. p. 18-19.

Référentiel pour le lycée :

Peurot Pascale. « Proposition de progression des apprentissages informationnels en lycée » [en ligne]. Site de l’académie de Limoges, 2005. Adresse URL : http://www.ac-limoges.fr/doc/IMG/pdf/Progression_lycee.pdf

Référentiel pour le LP (3° DP6, CAP, BEP, Bac pro, BTS) :

Académie de Limoges. Référentiel des compétences info-documentaires en lycée professionnel. Site de l’académie de Limoges, 2007 [en ligne]. Adresse URL : http://www.ac-limoges.fr/doc/IMG/pdf/Referentiel_LP_ac-Limoges.pdf

Référentiel BEP :

Casaert Sigrid et Stalder Angèle. « Référentiel information documentation BEP » [en ligne]. Site Formdoc de l’IUFM de Rouen, 2008. Adresse URL : http://formdoc.rouen.iufm.fr/spip.php?article559


2.4. Pour formuler les objectifs info-documentaires

DUPLESSIS, Pascal. Objectifs éducatifs et enjeux professionnels de l’enseignement info-documentaire : Perspectives de la didactique de l’information. Journée professionnelle des professeurs documentalistes de l’enseignement catholique de Bretagne, le 3 octobre 2007 [en ligne]. Site de Citédoc, 2008 [réf. le 10-05-2008]. Adresse URL : http://www.citedoc.net/animations/Duplessis_Pascal_20071003.pdf


2.5. Pour situer les concepts dans le domaine de l’Information-documentation

2.5.1. Situer le concept dans un terminogramme

DUPLESSIS Pascal et al., Inventaire des concepts info-documentaires mobilisés dans les activités de recherche d’informations en ligne [en ligne]. Académie de Nantes, Site de la cellule CDI du Rectorat de Nantes, janvier 2006. Adresse URL : http://www.ac-nantes.fr:8080/peda/disc/cdi/reseau/crjrl05/jrl49-4.pdf

CLOUET Nicole et MONTAIGNE Agnès. L’information et le document en trois concepts intégrateurs [en ligne]. Formdoc, Site de l’IUFM de l’académie de Rouen, 2006. Adresse URL : http://formdoc.rouen.iufm.fr/spip.php?article286

Les savoirs scolaires en Information-documentation. Médiadoc, mars 2007.

2.5.2. Situer le concept dans un réseau

DUPLESSIS Pascal. La cartographie conceptuelle au service de la didactique de l’information : Un outil heuristique pour élucider, enseigner et apprendre les savoirs scolaires de l’Information-documentation [en ligne]. In Duplessis, Pascal et Ballarini- Santonocito, Ivana (Dir.), Cartographie conceptuelle et didactique de l’information : dix cartes de concepts info-documentaires et étude préliminaire. Site de l’Académie de Nantes, 2007. Adresse URL : http://www.pedagogie.ac-nantes.fr/1177924054937/0/fiche___ressourcepedagogique/&RH=DOC

Cartes réalisées : Auteur ; Document ; Mot-clé ; Outil de recherche ; Recherche d'information ; Référence documentographique ; Requête ; Source ; Support ; Système de ressources

DUPLESSIS Pascal. La carte conceptuelle, un outil didactique pour le professeur documentaliste ? Actes de la Journée professionnelle de l’ADBEN des Pays de la Loire. Les savoirs scolaires en information-documentation : de la formalisation à la mise en pratique. Angers, 12 mai 2007 [en ligne]. Site de l'académie de Nantes. Adresse URL : http://www.pedagogie.ac-nantes.fr/1194084885156/0/fiche___ressourcepedagogique/&RH=1181291746234

2.6. Pour construire les niveaux de formulation et la fiche d’évaluation

2.6.1. Rédaction des niveaux de formulation

Les savoirs scolaires en Information-documentation. Médiadoc, mars 2007

Concepts définis : Information ; Document ; Source ; Indexation ; Espace informationnel ; Recherche d’information ; Exploitation de l’information

IUFM de Rouen. Atelier de terminologie. Notions et concepts [en ligne]. Formdoc, site de l’IUFM de l’académie de Rouen, 2006 [réf. le 10-05-2008]. Adresse URL : http://formdoc.rouen.iufm.fr/spip.php?rubrique98

Concepts définis : Document ; Mot-clé ; Support ; Thesaurus

MONTAIGNE Agnès. Concepts info-documentaires [en ligne]. Formdoc, site de l’ IUFM de l’académie de Rouen, 2006 [réf. le 10-05-2008]. Adresse URL : http://formdoc.rouen.iufm.fr/spip.php?rubrique83.

Concepts définis : Auteur ; Index ; Moteur de recherche ; Mot-clé

2.6.2. Préparation de la fiche d’évaluation

DUPLESSIS Pascal. Quelques applications didactiques pour la conception et la conduite de séquences d’enseignement – apprentissage. In La carte conceptuelle, un outil didactique pour le professeur documentaliste ? Actes de la Journée professionnelle de l’ADBEN des Pays de la Loire. Les savoirs scolaires en information documentation : de la formalisation à la mise en pratique. Angers, 12 mai 2007 [en ligne]. Site de l'académie de Nantes. Adresse URL : http://www.pedagogie.ac-nantes.fr/1194084885156/0/fiche___ressourcepedagogique/&RH=1181291746234. p. 14-20

DUPLESSIS Pascal et al. Banque de questionnaires d'évaluation des acquis conceptuels des élèves dans le secondaire [en ligne]. Site des Trois couronnes, mai 2008. Adresse URL : http://esmeree.fr/lestroiscouronnes/idoc/chantiers/banque-de-questionnaires-d-evaluation-des-acquis-conceptuels-des-eleves-dans-le-secondaire


3- Des exemples de séquences pédagogiques visant la construction des concepts


BALLARINI-SANTONOCITO Ivana. Les savoirs scolaires en information documentation : des outils didactiques pour la mise en oeuvre des apprentissages [en ligne]. Documentation, site de l’académie de Nantes, 2007 [Réf. du 10-05-2008]. Adresse URL : http://www.pedagogie.ac-nantes.fr/1194018284375/0/fiche___ressourcepedagogique/&RH=1204811512203

Voir en particulier § « 3-2- Un exemple de mise en oeuvre : construire la notion de Document en classe de 6ème », p. 16-19
La séquence est organisée en deux temps. Les élèves vont d’abord chercher des documents dans le CDI et se constituent ainsi un corpus d’objets qu’ils vont devoir manipuler ensuite pour identifier les caractéristiques essentielles. Un tableau leur permet de synthétiser les résultats du travail. Les élèves doivent enfin construire une carte conceptuelle simple à partir de laquelle ils rédigent un énoncé définissant le concept.

DIAS-TAVARES Kathalyn. Publier sur Internet : indexer et décrire un article : Une action avec des 2nde IGC et leur professeur d’économie gestion, sur SPIP [en ligne]. Formdoc, site de l’IUFM de l’académie de Rouen [Réf. du 09-05-2008]. Adresse URL : http://formdoc.rouen.iufm.fr/spip.php?article117

Cette classe de 2nde option Informatique de Gestion et de Communication doit produire et publier en ligne des fiches métiers et des comptes-rendus de rencontres avec des professionnels. La séquence présentée donne pour tâche aux élèves d’améliorer la visibilité des pages en décrivant le contenu de leurs articles. La construction du concept d’analyse documentaire se fait par une approche opératoire. Elle convoque également d’autres concepts (indexation, mot-clé, moteur de recherche, recherche par arborescence) qu’il importe de définir avec précision.

DUPART Viviane. La biographie : séquence de formation CAP Vente [en ligne]. Formdoc, site de l’IUFM de l’académie de Rouen, 2005 [Réf. du 09-05-2008]. Adresse URL : http://formdoc.rouen.iufm.fr/spip.php?article145

Ces élèves ont pour tâche de rédiger une biographie de Guy de Maupassant à partir de recherches documentaires. La séquence se centre sur les objectifs conceptuels de savoir discriminer deux types de documents, le dictionnaire et l’encyclopédie.

GIRARD Sylvie. Descriptif séquence « Biographie » [en ligne]. SavoirsCDI, CNDP, 2008 [Réf. du 09-05-2008]. Adresse URL : http://savoirscdi.cndp.fr/pedago/Wikipedia/Ficheoutil2.pdf

Compétences procédurales et concepts (biographie, encyclopédie, site web, données bibliographiques, valeur de l’information, pertinence, validité de l’information) sont bien articulées dans ce travail de recherche documentaire et de confrontation des sources. Le but du professeur est de faire connaître et s’interroger sur l’encyclopédie Wikipédia.
N.B. : le niveau des élèves n’est pas mentionné.

GUEGUEN Jean-Pierre. Le concept de document en 6ème [en ligne]. Site de l’ARFEP Bretagne, 2008 [réf. du 10-05-2008]. Adresse URL : http://www.ardep-bretagne.org/spip.php?article178

Séquence pédagogique à visée d’apprentissage conceptuel, inspirée de la démarche de Britt-Mari Barth et des récents travaux de la didactique de l’information. La démarche pédagogique est inductive : elle part d’exemples concrets (un numéro de périodique, une page web, etc.) que les élèves doivent comparer pour faire ressortir les caractéristiques principales du concept visé (« document ») et ainsi construire celui-ci par manipulation et par discrimination des critères.Le texte est accompagné d’une carte conceptuelle.
Sur ce texte, lire : DUPLESSIS Pascal. La didactique entre au CDI : construire le concept de Document en 6ème [en ligne]. Site des Trois couronnes, blog de Pascal Duplessis, 19 février 2008. Adresse URL : http://esmeree.fr/lestroiscouronnes/idoc/blog/

UGUEN, Noël. Approche des notions info-documentaires en terminale STG [en ligne]. Esquisses et annotations, blog de Noël Uguen, 2007 [réf. du 09-04-2008]. Adresse URL : http://lewebpedagogique.com/kerislay/2008/02/07/approche-des-notions-info-documentaires-en-terminale-stg/

L’auteur s’appuie sur les résultats obtenus à l’épreuve pratique du baccalauréat par les élèves de terminale STG pour penser une séquence visant l’acquisition des concepts de Source et de Référence bibliographique. La démarche méthodologique d’élaboration de la séquence qu’il nous propose est typique d’une approche didactique : une fois que les savoirs à construire sont identifiés, il s’agit de les analyser, de les traduire en objectifs de séquence et, enfin, de proposer à la classe une activité permettant leur appropriation.
Sur ce texte, lire : DUPLESSIS Pascal. Construire le concept « Source » en terminale STG. Une séquence didactique de Noël Uguen [en ligne]. Site des Trois couronnes, blog de Pascal Duplessis, 21 décembre 2007. Adresse URL : http://esmeree.fr/lestroiscouronnes/idoc/blog/





Dernière modification de cette page le 01/10/2008
Site animé par les CRDP de Bretagne, de l' académie d'Amiens, d'Aquitaine et de l'académie de Lyon.

mardi 23 septembre 2008

Interview Olivier Le Deuff

Olivier Le Deuff est enseignant-documentaliste en collège et doctorant en Information-communication. Il est également le webmaster du Guide des égarés et de Cactus acide.



Bonjour Olivier Le Deuff. Vous avez la double casquette d'enseignant-documentaliste “de terrain” et de chercheur en sciences de l'information. Laquelle des deux prime sur l'autre ?

Olivier Le Deuff

Je me suis toujours considéré comme un "hybride" qui a poussé le dilemme professionnel de manière fractale en étant hybride parmi les hybrides. D’une part, car la fonction d’enseignant-documentaliste est déjà hybride par elle-même avec les deux aspects techniques et pédagogiques. D’autre part, mes recherches relèvent du domaine de l’information-communication, une section scientifique carrefour et transdisciplinaire. L’attrait pour l’hybride signifie qu’il n’existe pas selon moi de vision unique et que seule une vision globale prenant en compte les différents points de vue permet de mieux répondre aux problèmes. Néanmoins, du fait que je suis un blogueur en même temps et parfois formateur, toutes ces casquettes font qu’il faut évidemment choisir. Je m’oriente donc davantage vers la recherche mais je n’oublie pas le terrain qui a tant alimenté ma réflexion et qui permet toujours d’expérimenter dans le concret. Je mets également de côté pour l’instant l’envie d’écrire de la fiction mais ce n’est que partie remise...



Après avoir lancé sur Internet le Guide des Egarés en 1999, vous avez créé le site Cactus acide en février dernier. Quel est l'objectif de ce site ?

Olivier Le Deuff

Ce site est une idée qui a germé assez rapidement suite à un travail de collaboration sur les univers netvibes avec Richard Peirano et Françoise Banes. Je me suis dit qu’il serait opportun de créer un groupe de travail qui pourrait proposer des séances pédagogiques, de la veille et de la réflexion autour de la culture de l’information et de la formation aux médias. Le tout a rencontré le prolongement du projet Historiae car je souhaitais travailler avec mes élèves sur l’actualité.



Comment ce site fonctionne-t-il ? Combien de personnes l'alimentent ?

Olivier Le Deuff

Le site est hébergé par mes soins et je m’occupe du suivi technique. Je suis également en quelque sorte le rédacteur en chef. L’équipe se constitue peu à peu autour de volontaires qui peuvent publier quand ils le souhaitent et alimenter certaines rubriques. Le site a reçu plus de 20 000 visites en trois mois ce qui démontre un intérêt évident et qui m’incite à poursuivre l’aventure. Je cherche toujours des rédacteurs occasionnels ou réguliers sur des sujets tournant autour de la didactique de l’information, de la culture de l’information, de la formation aux nouveaux médias. Le site s’inscrit dans une optique de translittératie 1, et je souhaite impulser une volonté pédagogique montrant des stratégies innovatrices en terme de pédagogie avec les nouveaux outils, notamment ceux du web 2.0 comme les blogs, les wikis, les agrégateurs de flux rss 2.



Pour un certain nombre de collègues, le web 2.0 reste encore une notion un peu floue. Pouvez-vous définir en quelques mots ce qu'est le web 2.0 ?

Olivier Le Deuff

Tim O’Reilly 3 parle souvent d’"état d’esprit". Il est clair que ce n’est pas un concept mais un phénomène aux frontières floues. Dans un sens positif, le web 2.0 donne à l’utilisateur des moyens de gérer plus efficacement son information et ses activités sur le web dans une stratégie de personnalisation avancée et de mise en relation avec les autres dans une optique plus collaborative. Pour pasticher les propos d’Adam Mathes 4 sur les folksonomies 5, le web 2.0 représente à la fois ce qu’il y a de mieux et de pire en matière d’information et de communication.



Quelles avancées le web 2.0 représente-t-il par rapport au web traditionnel ?

Olivier Le Deuff

Il permet à l’usager de gérer lui-même son information et sa communication. Celui-ci gagne plus de liberté mais il se doit dès lors d’être plus responsable. C’est la poursuite de la nécessité de l’évaluation de l’information qui s’était accrue avec l’avènement du web. Désormais, si l’utilisateur peut s’affranchir de nombreux intermédiaires, il lui faut d’autant développer de nouvelles compétences. Une nouvelle fois, la fracture n’est pas seulement numérique, mais aussi intellectuelle et culturelle. Le web 2.0 n’est pas proprement révolutionnaire en ce qui concerne les outils, mais ce sont les changements sociaux, institutionnels et éducatifs qui doivent nous préoccuper.



Parmi les nombreux outils du web 2.0, pouvez-vous en citer un ou deux qui vous paraissent intéressants à exploiter avec les élèves ?

Olivier Le Deuff

L’ensemble des outils peut être exploité à partir du moment qu’une stratégie pédagogique voire didactique a été définie au préalable. Le blog peut ainsi être utilisé comme je l’ai fait pour Historiae. Les flux rss via des agrégateurs sont également intéressants, à condition de ne pas demeurer que dans une seule vision d’accès à des ressources. Les systèmes de travail collaboratif via les wikis et les signets sociaux 6 constituent également des pistes à creuser. Il reste aussi les plateformes d’enseignement en ligne qui constituent d’excellents supports durant les séances et sont efficaces en prolongement de présentiel.



A l'inverse, y-a-t-il une «face cachée» du web 2.0 ?

Olivier Le Deuff

Evidemment. Derrière la gratuité apparente, il y a la volonté de tirer profit de la somme des activités des internautes. Ce sont eux qui apportent la valeur ajoutée aux services en ligne. L’usager travaille de fait gratuitement. C’est le côté obscur du web 2.0 avec la volonté de mettre en place des systèmes publicitaires affinés plus efficaces et qui ciblent précisément les consommateurs potentiels.



Pensez-vous que le web 2.0 ait accru les difficultés des élèves dans leur démarche de recherche d'information sur Internet ?

Olivier Le Deuff

Je crois que peu d’élèves connaissent même l’existence du web 2.0. Le web 2.0 accroît les risques d’info-pollution en facilitant les stratégies diverses de spams 7 et en accroissant le nombre de données présentes sur le réseau via la redondance d’informations, l’information virale et les fausses recommandations. D’un autre côté, le web 2.0 et notamment les folksonomies constituent des pistes pour rendre plus vivantes les séances pédagogiques et plus concrètes des notions info-documentaires.



Dans ce contexte, quel est le rôle de l'enseignant-documentaliste face aux pratiques des élèves-internautes ?

Olivier Le Deuff

Ce dernier doit voir son rôle accru dans sa médiation pédagogique au quotidien. Il demeure que le statut du professeur-documentaliste demeure équivoque et que sa médiation tient trop souvent du bricolage. Or, il semble qu’une part de ce que nous avons à transmettre ne peut s’effectuer à la marge mais doit, au contraire, devenir central et me paraît d’une importance autrement plus grande que certains cours donnés dans les disciplines traditionnelles. Cela implique, pour ma part, un "new deal" disciplinaire et une réforme complète du système.



Quels usages pédagogiques liés au Web 2.0 les enseignants peuvent-ils envisager -notamment au cdi - ?

Olivier Le Deuff

Nous pouvons recommander de manière simple, l'usage d'un site collaboratif, que ce soit un blog ou des systèmes comme Spip 8 qui permettent de faire découvrir une chaîne informationnelle et communicationnelle intéressante depuis l’étude du besoin d’information jusqu’à sa communication. Il va de soi que cela peut prendre racine au cdi mais se poursuivre bien au-delà.



Netvibes est actuellement plébiscité par beaucoup de documentalistes. Certains collègues relativisent cependant l'intérêt de cet outil qui conduit souvent à réinventer son propre univers - qu'il soit public ou privé - en y mettant les mêmes informations. Quelle est votre opinion sur cet outil ?

Olivier Le Deuff

Netvibes est un outil qu’il faut utiliser mais j’insiste sur le fait que nous ne devons pas être seulement des fournisseurs de contenu. C’est d’ailleurs pour cette raison que lorsque j’ai créé le portail des actus, j’ai tenu à ce que figurent des définitions, en plus des flux mis à disposition. J’ai également songé qu’il fallait mettre en place des séances pédagogiques autour du portail, sans quoi nous n’apportons pas notre valeur ajoutée qui est avant tout pédagogique et pas seulement technique. La volonté de mettre en place Cactus acide est également partie de ce constat qu’il fallait mutualiser les stratégies pédagogiques et les scénarii didactiques et ne pas demeurer au seul stade de mise à disposition de l’univers netvibes. Je pense qu’il reste encore beaucoup de travail à fournir à ce niveau.



Quelles évolutions techniques sont à venir ? Par exemple, un web 3.0 est-il attendu, et de quel type ?

En fait, il faudra cesser de parler du web qui demeure trop centré sur les PC mais envisager un internet élargi où chacun de nous sera connecté en permanence avec la possibilité d’attribuer une adresse IP 9 à chaque objet du quotidien. Si certes, il est possible que le web socio-sémantique continue de progresser avec des systèmes hybrides entre ontologies 10 et folksonomies, c’est l’indexation de nos identités et de nos activités qui se met en place. C'est ce que j’appelle parfois l’Arcadie, cet espace auquel nous ne pouvons échapper. Nous sommes désormais tous rentrés dans le « Loft » et nous ne pouvons plus en sortir. Nous pouvons aussi bien y subir une gloire éphémère qu’une terrible humiliation. L’enjeu de formation à la culture de l’information devient alors un élément qu’on ne peut négliger.



Comment voyez-vous le cdi du futur ? Selon vous, le documentaliste va-t-il survivre à tous ces changements ?

Olivier Le Deuff

Le risque, c’est qu’au fil de ces diverses métamorphoses nous finissions par ressembler à Grégoire Samsa 11 et être balayés d’un seul coup. Le lieu physique Cdi va se transformer voire devenir un peu plus virtuel. Il faut donc nous attacher à renforcer ce qui constitue notre mission première : la pédagogie. Par conséquent, la didactique de l’information nous permet de travailler sur des notions stables qui pourront être utilisées longtemps par l’élève. De même, je pense que notre statut d’hybride va constituer un avantage à l’avenir et que nous devrions être, par conséquent, parmi les principaux acteurs du changement et du renouveau pédagogique.
Pour ma part, je considère que notre système actuel devient de plus en plus inefficace et qu’il convient de refonder l’Education Nationale sur des valeurs de confiance et sur de nouvelles stratégies éducatives avec la constitution de milieux associés mêlant enseignants, élèves, technologies et l’ensemble de la communauté pour la transmission du savoir.




Notes
Note 1
Terme anglo-saxon désignant "l'habileté à lire, écrire et interagir par le biais d’une variété de plateformes, d’outils et de moyens de communication, de l’iconographie à l’oralité en passant par l’écriture manuscrite, l’édition, la télé, la radio et le cinéma, jusqu’aux réseaux sociaux" (Thomas, Joseph, Laccetti, Mason, Mills, Perril, Pullinger- Université de Montfort, Grande-Bretagne). Source : http://www.uic.edu/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/article/view/2060/1908)

Note 2
cf. glossaire de Savoirscdi, entrées Blog / Wiki / RSS

Note 3
Tim O'Reilly, l'éditeur de presse informatique a publié le premier article qui tente d'expliquer le web 2.0.

Note 4
Adam Mathes est un "architecte de l'information" qui étudie l'évolution de l'information et notamment les folksonomies. Site personnel consultable à l'adresse URL :http://www.adammathes.com/)

Note 5
cf. glossaire de Savoirscdi

Note 6
Traduction de l'anglais social bookmarks. Désigne l'opération consistant pour les internautes à sauvegarder leurs signets, leurs liens favoris directement sur un site web public (du type del.icio.us)

Note 7
Traduit en français par pourriel. Désigne l'envoi en masse, par courrier électronique, de messages à caractère publicitaire ou malhonnête, sans l'accord préalable des destinataires.

Note 8
Logiciel libre permettant la publication sur Internet de façon collective. Site officiel consultable à l'adresse URL : http://www.spip.net/fr_rubrique91.html

Note 9
cf. glossaire de Savoirscdi

Note 10
Appliqué au champ des sciences de l'information, ce terme désigne un modèle de données représentatif d'un ensemble de concepts dans un domaine, ainsi que les relations entre ces concepts.

Note 11
Nom du personnage de La métamorphose de Kafka qui se transforme en horrible cloporte.





Pour aller plus loin ...
Publications d’Olivier Le Deuff
Thèmes de recherche : culture de l'information, information literacy, usages de l’Internet, recherche d’information, document numérique, mutations institutionnelles liées aux NTIC, folksonomies, réseaux sociaux, web 2.0.

Revues
Le Deuff, Olivier. Folksonomies : Les usagers indexent le web. BBF [en ligne], 2006, n° 4
[consulté le 26 juin 2008]. Disponible sur : http://bbf.enssib.fr/

Le Deuff, Olivier. De la méfiance à la défiance : analyse informationnelle du mythe du complot. Revue internationale en intelligence informationnelle [en ligne] [consulté le 26 juin 2008]. Disponible sur : http://www.revue-r3i.net/file/2008_Le_Deuff.pdf

Colloques
Le Deuff, Olivier. Folksonomies et communautés de partage de signets : vers de nouvelles stratégies de recherche d’informations. Actes du colloque H2ptm07 , Hammamet, 29-30 et 31 octobre 2007.

Le Deuff, Olivier. La culture de l’information : quelles «littératies» pour quelles conceptions de l’information.VIème Colloque ISKO-France'2007, 7 et 8 juin 2007, Toulouse, IUT de l'Université Paul Sabatier. HAL [en ligne] [consulté le 26 juin 2008]. Disponible sur : http://hal.archives-ouvertes.fr/index.php?halsid=e1pc1a44emmkppfhsmth5gh3d4&view_this_doc=sic_
00286184&version=1

Le Deuff, Olivier. Monstres, légendes et hérauts : vers une tératogenèse documentaire. Cinquième séminaire de Marsouin, Rennes, 5-6 juin 2007 [en ligne] [consulté le 26 juin 2008]. Disponible sur : http://www.marsouin.org/IMG/pdf/marsouinledeuff.pdf et sur : http://hal.archives-ouvertes.fr/index.php?halsid=e1pc1a44emmkppfhsmth5gh3d4&view_this_doc=sic_
00200448&version=1

Le Deuff, Olivier. Culture de l'information et web 2.0: quelles formations pour les jeunes générations ? Doctoriales du GDR TIC & Société[en ligne], Marne-la-Vallée, 15-16 janvier 2007 [consulté le 26 juin 2008]. Disponible sur : http://hal.archives-ouvertes.fr/index.php?halsid=e1pc1a44emmkppfhsmth5gh3d4&view_this_doc=sic_
00140079&version=1

Le Deuff, Olivier. Les documentalistes de l’Education Nationale : la perpétuelle mutation professionnelle. Actes du colloque « Pratiques et Usages Organisationnels des STIC. Cersic-Rennes les 7, 8 et 9 septembre 2006 [en ligne] [consulté le 26 juin 2008]. Disponible sur : http://www.uhb.fr/alc/erellif/cersic/spip/IMG/pdf/ActesColloqueCersicSept06.pdf

Le Deuff, Olivier. Des bons mots au bon document. Comment éduquer à l’usage des mots-clés efficaces pour accéder à la pertinence documentaire. In Colloque International : Discours et Document Schedae, 2006, prépublication n° 16, fascicule n° 1, p. 129-134. HAL [en ligne] [consulté le 26 juin 2008]. Disponible sur : http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00098076/en/

Revues professionnelles
Le Deuff, Olivier. Le document face aux négligences, les collégiens et leurs usages du document. InterCDI , juillet 2006, n° 202, p.87-90.

Le Deuff, Olivier. La porte est en dedans. InterCDI , janvier 2007, n° 205, p.6-7.

Rencontres et colloques professionnels
Le Deuff, Olivier. La culture du boustrophédon. Table ronde de la journée académique des documentalistes de l’académie de Lyon, jeudi 29 mai 2008. [en ligne] . Guide des égarés [consulté le 26 juin 2008]. Disponible sur : http://www.guidedesegares.info/2008/05/31/la-culture-du-boustrophedon/

Le Deuff, Olivier. Fluxtuat nec mergitur : comment ne pas sombrer dans les environnements mouvants ? Du web 2.0 à Second life…. Babel - edit -, Rencontres Formist. Lyon, ENSSIB, juin 2007 [en ligne] [consulté le 26 juin 2008]. Disponible sur :http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/document-1160>

Le Deuff, Olivier. Pour de nouvelles méthodes de travail. Actes du Colloque sur le collège unique. IUT de Saint-denis. 2003 [en ligne] [consulté le 26 juin 2008]. Disponible sur : http://www.collegeunique.org/d_acu/acu19_old.htm

Divers
Le Deuff, Olivier. Et in arcadia ego : vers une culture de l'information et de la communication. Urfist-info [en ligne], 31 août 2007 [consulté le 26 juin 2008]. Disponible sur : http://urfistinfo.blogs.com/urfist_info/2007/08/et-in-arcadia-e.html

Le Deuff, Olivier. Le succès du web 2.0 : histoire, techniques et controverse. HAL [en ligne] [consulté le 26 juin 2008]. Disponible sur : http://hal.archives-ouvertes.fr/index.php?halsid=e1pc1a44emmkppfhsmth5gh3d4&view_this_doc=sic_
00133571&version=1

Le Deuff, Olivier. Autorité et pertinence vs popularité et influence : réseaux sociaux sur Internet et mutations institutionnelles. HAL [en ligne] [consulté le 26 juin 2008]. Disponible sur : http://hal.archives-ouvertes.fr/index.php?halsid=e1pc1a44emmkppfhsmth5gh3d4&view_this_doc=sic_
00122603&version=1>

A paraître
Le Deuff, Olivier, Serres, Alexandre. Outils de recherche : la question de la formation. HAL [en ligne] [consulté le 26 juin 2008]. Disponible sur : http://hal.archives-ouvertes.fr/index.php?halsid=e1pc1a44emmkppfhsmth5gh3d4&view_this_doc=sic_
00177323&version=1.
A paraître en 2008 dans un ouvrage collectif édité par CF éditions.

Le Deuff, Olivier. Ghost in the shell : l’esprit documentaire dans la machine. 8ème congrès de la Fadben, Lyon. 28, 29 et 30 mars 2008.
Actes à paraître chez Nathan.


Interview réalisée en juin 2008 - CRDP de Lyon -

mardi 16 septembre 2008

10 ans de Google

Olivier Andrieu (Abondance.com) : "Ce qui a le plus changé, c'est ce qu'on ne voit pas"

Olivier Andrieu (Abondance.com)



Qu'est-ce qui a le plus changé en 10 ans au sein du moteur de recherche Google ?

Ce qui a le plus changé, c'est ce qu'on ne voit pas. Aujourd'hui, la page d'accueil est identique à ce qu'elle était au début, tout comme la page de résultats, à quelques pixels près. Ce qui a le plus changé est donc l'amélioration des algorithmes de pertinence, de lutte contre le spam, bref la boîte noire du moteur.

Le gros succès de Google est de n'avoir pas cédé à la tentation de perdre son "core business". Lors de son IPO, Google l'avait un peu perdu, on avait vu la pertinence du moteur baisser, mais il a su -au final - garder sa vision d'origine.

Malgré le fait qu'il soit peu concurrencé, Google a réussi à maintenir un niveau d'excellence assez élevé, ce qui n'était pas gagné, il y avait un vrai risque qu'il n'y parvienne pas. Google doit être monumentalement spammé, mais il arrive malgré tout à sortir des résultats pertinents. Cela représente un effort gigantesque.

Quant à tous les services qu'il propose autour, cela ne semble pas perturber le moteur de recherche. En interne, la publicité est un autre métier, les équipes sont bien cloisonnées, et l'intégration se fait de façon assez propre.

Si je devais voir un seul grand changement dans le moteur, ce serait certainement la recherche universelle.
Si je devais voir un seul grand changement dans le moteur, ce serait certainement la recherche universelle. C'est la seule chose que Google a pu se permettre de lancer sans avoir de retour de bâton de ses utilisateurs qui n'ont pas forcément envie de voir leurs habitudes changer.

Comment ont évolué les techniques de référencement en 10 ans ?

Au début, dans les années 1993/1995, c'était l'artisanat total. Ensuite, de 1995 à 2000, on a beaucoup travaillé sur les balises meta-keywords. Ensuite, de 2000 à 2004, les pages satellites sont apparues. Elles répondaient à un vrai besoin car les sites n'étaient alors pas faits pour les moteurs. Mais il a été fait n'importe quoi avec ces pages satellites, les gens en ont abusé...

Aujourd'hui, on ne peut pas se passer de travailler le référencement sur son site, sur ses propres pages, la voie est de penser référencement dès le cahier des charges d'un site. Avant, on pouvait toujours se débrouiller après coup, aujourd'hui, la seule solution est de penser son site pour les moteurs de recherche de A à Z.

Ce qui est important aujourd'hui est de mettre en visibilité un contenu de qualité, avec une notion de longue traine qui est incontournable. 80% du trafic moteur vient du contenu, sur des requêtes qui génèrent 2 ou 3 visites par mois. La longue traine a révélé le référencement.

Si vous deviez résumer 10 ans de Google en un mot...

Ils fonctionnent sans pub pour faire connaître leurs produits, ce sont les rois du buzz
En 10 ans, le chemin parcouru est impressionnant. Je me souviens de leurs débuts, lorsqu'ils étaient à Boulogne, avec Franck Poisson : un bureau, une personne... Aujourd'hui, avec leur locaux avenue de l'Opéra, c'est autre chose.

Je suis assez admiratif de cette société. Il y a bien évidemment plein de défauts que l'on peut souligner mais, globalement, elle a extrêmement bien compris le Web et le fonctionnement des internautes.

Ils fonctionnent sans pub pour faire connaître leurs produits, ce sont les rois du buzz, ils savent s'en servir, au bon sens du terme. Mais, Google, c'est un énorme " truc ", avec le risque qu'ils nous avalent. Google cristallise nos craintes numériques. Mais, au final, je ne suis pas certain que ce soit Google qui soit le Big Brother, c'est peut-être tout simplement le réseau en lui-même.


Raphaël Richard (Neodia) : "L'introduction d'un système de notation humaine en 2004 a constitué une révolution pour les fondateurs de Google"

Raphaël Richard (Neodia)



Que vous inspire le 10e anniversaire de Google ?
Google a longtemps été une version très améliorée d'Altavista ou d'Excite dans la restitution des résultats, bien que la technologie soit totalement différente. Les premiers moteurs de recherche reposaient sur une architecture à base de serveurs classiques et les fondateurs de Google ont opté pour une architecture à base de PC connectés en série.

En 2004, leur nombre se comptait déjà en centaines de milliers de machines, soit à l'époque un rapport de 100 machines par employé. En proposant des listes de résultats similaires à celles des concurrents, Google s'est imposé grâce à une marque plus forte, des temps d'affichage ultra-rapides et des résultats plus simples à obtenir.

Google a été le premier moteur à permettre d'afficher des résultats pertinents sur des requêtes complexes sans recourir aux opérateurs boléens (And, Or, Not...) en vogue à la fin des années 1990. C'est surtout pour ces raisons qu'il est devenu le chouchou du grand public.

Mais, il a fallu attendre 8 années pour que Google commence à introduire, en sus des résultats issus du crawling du Web non-structuré (les sites Web ordinaires), des résultats de bases de données structurées : résultats de type annuaire avec Google Maps, revue de presse avec Google News, images de Google images, etc.

Google a été le premier moteur à permettre d'afficher des résultats pertinents sur des requêtes complexes
Aujourd'hui, Google semble avoir vraiment opté pour un moteur de nouvelle génération qui affiche des pages de résultats riches (Web, news, vidéo, image, etc.) à l'instar de ce que propose depuis 2004 le moteur Coréen Naver.

Une vraie révolution a eu lieu la même année chez Google : l'introduction d'un système de notation "humaine" de chaque site apparaissant sur un mot clé défini, comme "hotel a paris". Google a décidé de payer des centaines de "critiques" (dénommés "quality managers") pour tester en permanence la qualité des pages de résultats sur les mots clés les plus demandés.

Cela a représenté un grand virage pour le moteur, dont les fondateurs pensaient initialement qu'un système fondé sur l'analyse algorithmique uniquement était suffisant pour afficher des pages de résultats pertinentes. Si techniquement, l'intégration de ce système de notation dans l'algorithme de classement a dû être simple, psychologiquement, en revanche, cela a dû être plus difficile.

Quelles sont les grandes phases d'évolution au niveau des techniques de référencement ?

En synthèse, on peut distinguer cinq périodes distinctes.

De 1995 à 1999 : la technique tournait autour des meta-tags, de la répétition des mots clés dans le texte et de l'inscription dans les annuaires. Au niveau marketing, il s'agissait de rechercher des mots-clés à l'intuition et de mesurer les positions.

De 2000 à 2001: c'est le début du référencement de sites dynamiques, de l'URL rewriting, des pages satellites créées manuellement. C'est aussi le début des liens sponsorisés aux Etats-Unis et de l'optimisation simple des enchères CPC. Au plan marketing, on analyse le trafic généré par les moteurs de recherche.

Référencement : les années 2002 - 2004 ont été les années de la professionnalisation.
De 2002 à 2004: ce sont les années de la professionnalisation. On assiste au début du netlinking, à cause de l'obsession du page rank, à l'explosion des machines à générer des pages satellites, au recours massif aux techniques de spamdexing. On dénombre 100 000 annonceurs au niveau mondial, on asssite à l'explosion du prix du clic aux Etats-Unis et à l'apparition des plates-formes de bid management afin de gérer les campagnes de dizaines de milliers de mots clés.

Sur le plan marketing, le tracking des ventes générées par le référencement naturel fait son apparition, ainsi que des modèles de prévisionnels de trafic et de vente. Le blacklisting caractérise également ces trois années : c'est la fin de la période de tolérance, des milliers de sites sont blacklistés à travers le monde.

La période 2005 / 2006 est caractérisée par la victoire des "white SEO".
Les techniques de spamdexing, suite à la vague de blacklisting de 2004, sont abandonnées. C'est le début du référencement éditorial et de l'allègement de l'indice de densité idéal. Côté liens sponsorisés, on assiste au début des retours sur investissement négatifs dans le secteur du tourisme en raison des CPC qui explosent et à un recentrage sur les stratégies longue traine.

C'est aussi l'explosion du recours aux liens sponsorisés en Europe dans tous les secteurs et une rationalisation des politiques d'optimisation des enchères s'effectue. Enfin, on voit des modèles de prévision de chiffre d'affaires s'élaborer. Du côté du blacklisting, les pages de dénonciation des tricheurs font leur apparition.

2007 / 2008 : les années "Universal search et Web 2".
Dernière période : 2007 / 2008, ou les années "Universal search et Web 2". On pratique le référencement spécifique dans les modules "Universal search" (Google Maps, Google News, Google image, Google Video, Google Blog, etc.). Les webmasters ont accès au centre Google, le netlinking 2.0 (blogs, réseaux sociaux, sites de contenu collaboratif, RSS, etc.) se diffuse, et la généralisation des stratégies de référencement fondées sur le contenu s'opère.

Quant aux liens sponsorisés, on voit la mise en place de filtres anti-fraude au clic se mettre en place chez Google, ainsi que l'introduction du Quality score. La modélisation des cycles de recherche des internautes est possible. On constate aussi la dépendance d'un nombre croissant de sociétés au chiffre d'affaires "Google". Côté blacklisting : les pages de dénonciation des vendeurs de liens font leur apparition.

Darcos: un label pour les manuels scolaires réalisés sous forme de fascicules

Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, a déclaré jeudi qu'il voulait que les éditeurs scolaires fassent des livres sous forme de "fascicules" afin d'alléger le poids du cartable, et a ajouté qu'il décernerait un label aux manuels ainsi réalisés.

"Je veux que les livres scolaires désormais se fassent par fascicules", a-t-il affirmé jeudi soir à France 2, soulignant qu'il "n'est pas normal que les élèves portent des livres énormes sur leur dos".

"J'ai demandé aux éditeurs scolaires d'y penser, ils m'ont fait mille objections, et bien je le répète, je veux que les livres scolaires se fassent désormais par fascicules", a-t-il ajouté.

"Si on m'explique que c'est trop difficile et bien je labellerisai les livres qui seront ainsi faits", a-t-il encore déclaré, précisant "je "labelliserai la forme", et non le fond.

Carte scolaire : contre-effets sur la mixité sociale

Par Sandra Ktourza, jeudi 11 septembre 2008 à 12:12

Jean-Claude Lafay, secrétaire national du SNPDEN-Unsa, déclarait cette semaine, lors d’une conférence de presse, que l’effet de mixité sociale qui aurait dû, d’après Xavier Darcos, résulter de l’assouplissement de la carte scolaire, n’était pas apparent sur le terrain.

Pour le SNPDEN-Unsa, syndicat majoritaire des chefs d’établissement, suite à l’assouplissement de la carte scolaire, qui permet désormais à toutes les familles de choisir leur établissement, les établissements les plus cotés se remplissent, tandis que les autres se vident. De surcroît, ce sont les familles aisées qui demandent le plus de dérogations, non les familles défavorisées, qui ont peu tendance à changer de secteur. Voilà pour le premier bilan, deux ans après la mise en place de la réforme du système.

Agnès Van Zanten, directrice de recherche au CNRS et spécialiste de l'éducation, fait le même constat dans le Figaro (02/09).

Elle va plus loin dans l’analyse, en notant que ce sont "surtout les familles de classe moyenne, comme les enseignants, les journalistes, qui accordent une grande importance à la scolarité de leur enfant". Elle souligne néanmoins un des points positifs de la réforme: celle-ci accorde la priorité aux demandes de dérogations des boursiers. Ainsi, lorsque les familles défavorisées ont des enfants bons élèves et qu’elles "ont conscience alors de l'intérêt pour leur enfant d'être dans un meilleur établissement", elles peuvent désormais "obtenir plus facilement des dérogations".

A terme cependant, s'inquiète la spécialiste, le risque est grand de voir les établissements défavorsiés "décapités", sans "tête de classe" puisque les meilleurs s'en iront. Et parallèlement, les chefs des établissements très demandés auront de plus en plus la possiblité de trier les élèves.

Alors quelle solution adopter ? Le système de la carte scolaire rigide d’avant 2007 n'était pas le bon, mais apparemment celui de la carte scolaire assouplie ne fonctionne pas bien non plus.

Agnès Van Zanten suggère de s’inspirer du modèle londonien, selon lequel chaque établissement se doit de scolariser 1/3 de bons élèves, 1/3 de moyens, 1/3 de mauvais.

Peut-être une piste à explorer ?

Le rapport de l'OCDE tacle le système français

Dans son rapport annuel Regards sur l'éducation, l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) critique les rythmes scolaires français. Avec une moyenne de 35 semaines de cours par an, la France est en deçà de la moyenne de l'OCDE (38 semaines). Mais le temps d'enseignement français (887 heures de cours par an pour les élèves de 9 à 11 ans) est supérieur à la moyenne qui se situe à 810 heures. L'organisation internationale pointe des journées trop chargées pour les écoliers français, renforcées par l'instauration de la semaine de quatre jours.

Concernant l'enseignement supérieur, l'OCDE s'inquiète de son financement. Alors que le nombre d'étudiants a progressé de 50% en 10 ans dans les pays membres, certains pays, comme la France, sont accusés de ne pas avoir développé suffisamment le financement de l'enseignement supérieur. La dépense d'éducation française (6% du PIB) est ainsi légèrement inférieure à la moyenne des pays développés (6,1%) et surtout, elle est la dépense publique qui a le moins progressé en 10 ans. L'OCDE appelle les pays membres à réagir, notant que le financement privé de l'enseignement supérieur a presque triplé depuis 5 ans alors que les dépenses publiques n'ont augmenté que de 26%.

Le rapport note enfin un "rendement" de l’éducation plus faible en France que dans d'autres pays (Angleterre, Etats-Unis par exemple) compte tenu de l'investissement par élève. L'OCDE met en cause des études plus longues dans le système français. L'organisation invite la France a une réflexion sur l'orientation de ses étudiants et sur ses filières.

Source : oecd.org, Le Monde, La Tribune, Le Figaro, AFP, AEF

Philippe Meirieu juge le film Entre les murs dangereux

La lettre éducation du jeudi 11 septembre 2008 (vousnousils)

Philippe Meirieu, professeur de sciences de l'éducation à l'université Lumière Lyon-II, s'inquiète des répercussions du film Entre les murs de Laurent Cantet, Palme d'Or au dernier Festival de Cannes, qui sortira en salles le 24 septembre. S'il ne remet pas en cause l'œuvre cinématographique, ni l'ouvrage de François Bégaudeau dont elle est tirée, il s'inquiète de la perception du film par l'opinion publique. Il craint que le professeur du film ne devienne "un modèle ou un contre-modèle" aux yeux des spectateurs.

Selon lui, Entre les murs montre exactement ce qu'il ne faut pas faire en matière de pédagogie. Philippe Meirieu met en cause la pratique pédagogique du professeur du film basée sur l'affect. Selon lui, ce professeur est sans cesse "entraîné par ses élèves sur leur propre terrain au lieu de les tirer vers le haut, vers la culture et le savoir". Philippe Meirieu estime que ce travail est plus proche de l'animation socio-culturelle que de l'enseignement. Du coup, il craint que le long métrage n'offre toute une pléiade d'arguments aux anti-pédagogues.

Philippe Meirieu conteste l'aspect documentaire du film étant donné que beaucoup de scènes sont peu vraisemblables à ses yeux. Selon lui, il ne faut pas considérer Entre les murs comme une peinture d'un collège difficile, mais comme une oeuvre d'art retraçant "la trajectoire singulière d'un prof fragile cherchant à établir le contact avec des élèves difficiles".

Source : AEF